Faire Monde avec Peu / With Less

Construite avec ce qui est à portée de main, sans plan, sans promesse de durée,
la cabane répond à un besoin élémentaire : se protéger, marquer une présence discrète, trouver une place provisoire dans le monde.
Rien n’y est superflu.
Chaque planche, chaque tôle, chaque assemblage semble répondre à une nécessité immédiate.

L’humain - invisible - est partout
dans les gestes devinés
dans les choix modestes
dans cette manière de composer avec le territoire plutôt que de le dominer.

La cabane instaure un silence.
Un silence construit, patiemment,
à l’écart des formes normées de l’habitat et du bruit social.
Elle ne revendique rien.
Elle existe dans un retrait, dans une économie de moyens, dans une fragilité assumée.

Entre refuge et abandon, elle demeure indécise.
Est-elle en attente ou déjà quittée ?
Sa présence dépend du temps, du regard,
de ce que le territoire accepte encore de tolérer.

Et nous sommes invités à y entrer
à habiter ce lieu par la pensée,
à mesurer ce qui est nécessaire,
à questionner l’habiter
quand il ne s’agit plus de posséder
ni de durer.

Ces images ne montrent pas une vie,
elles suggèrent un rapport au monde
où l’essentiel n’est pas ce qui manque,
mais ce qui suffit.
Une manière de Faire monde avec peu.