Mumbai - Where Even Walls Dreams
Une ville s’élève, compacte, insistante.
Elle empile les lignes, resserre les corps, multiplie les hauteurs comme pour mieux contenir son appétence.
La lumière, ralentie en chemin par une épaisseur invisible, se glisse le long des façades, brouille les distances, efface les contours avant de toucher le sol.
L’humain discret, presque effacé, laisse derrière lui des traces plus qu’une présence.
Et les corps circulent, s’absentent, se diluent dans cette clarté trouble.
Ici, les murs patients et chargés d’histoires silencieuses contemplent les sommets, fidèles à une noblesse inaccessible.
Ils portent le poids des vies qu’ils abritent, leurs silences, leurs attentes suspendues, leurs rêves différés.
Entre ciel et bêton une hésitation, comme une respiration courte, un élan retenu.
Le temps de saisir les rythmes, le regard apprend les teintes, enregistre la profondeur de l’air.
Il revient sur ses pas, oublie, et déjà, sans qu’on s’en aperçoive, il se détache.
Subsiste alors une sensation incomplète, une lumière qu’on n’a pu pénétrer, continuant d’agir au moment même où l’on s’en éloigne.
Est-ce l’évasion qui se raconte ou plutôt le désir d’évasion, celui qui traverse les façades, glisse entre les étages, s’accroche aux angles morts ?
Même immobile, la ville respire.
Même silencieux, les murs rêvent d’un ailleurs.